B I O G R A P H I E

 

Henry Sidgwick était non seulement un éminent philosophe anglais du XIXème siècle, ayant beaucoup influencé l’éthique et la politique anglo-américaines de cette époque, mais aussi un épistémologiste, un économiste, un humaniste, un théoricien politique, un historien de la politique, un parapsychologue et un théoricien de l’éducation et de la pédagogie. Né le 31 Mai 1838 et décédé le 28 Août 1900 il vécut ainsi toute sa vie sous le règne de la Reine Victoria , qui commença en 1837 et s’acheva à la mort de celle-ci, en 1901. Le  père du philosophe, Reverend W. Sidgwick, issu d’une grande famille de fabricants de coton, ecclésiastique de l’Eglise d’Angleterre et nommé en 1836 Directeur de l'Ecole de Skipton, la Ermysted's Grammar School pour garçons dans le Yorkshire, décède en 1841, Henry Sidgwick est alors âgé de trois ans. Le philosophe a deux frères et une soeur, il eut en plus un frère et un autre soeur qui moururent respectivement en 1840, à l'age de quatre ans et en 1844, à l'age de neuf ans. Il est scolarisé à domicile jusqu'en 1848, les deux années suivantes il ira à l'école de jour, le Bishop's College. En 1850, il est considéré comme étant suffisamment âgé pour quitter la demeure familiale et rejoindra ses frères ainés dans une école de Blackheath sous la responsabilité du Pasteur H.Dale, connu à l'époque, comme traducteur scolaire de Thucydides. Sa mère consciente de la grande intelligence de son fils, décida de lui donner la meilleure éducation possible et le plaça à l'Ecole Rugby de Bristol : école dans laquelle son cousin, Edward White Benson, qui devint ensuite son beau-frère, était professeur. Lorsque la mère d'Henry Sidgwick s'installa, en juin 1853 à Bristol, ce dernier cessa d'être pensionnaire à l'école Rugdby. Il parut évident que les Benson, qui étaient devenus récemment orphelins, dont l'ainé n'était autre qu'Edward, viennent s'installer avec Madame Veuve Sidgwick, étant donné qu'ils étaient ses neveux.

En octobre 1855, Henry Sidgwick quitta la demeure familiale pour la même université que celle dans laquelle son père fit ses études, celle de Cambridge; il y résida jusqu’à sa mort en 1900. En 1876, il épousa Eleanor Mildred Balfour, la sœur d’un de ses anciens étudiants, Arthur James Balfour, neveu de Lord Salisbury. A l’issue d’une brillante carrière d’étudiant en mathématiques et sciences humaines, Sidgwick devint en 1859 Maître de Conférences au Trinity College of Cambridge, une branche de l’Université de Cambridge. Il fut aussi membre, tout le long de da vie d'étudiant, du cercle très fermé de la société secrète: les Cambridge Apostles. Il conserva ce poste jusqu’en 1869, date à laquelle il démissionna en raison de la loi qui exigeait de se soumettre aux Trente-Neuf Articles de l’Eglise d’Angleterre, qu’il ne pouvait honnêtement respecter, doutant fortement de ses convictions religieuses. Tant que la législation relative aux Maîtres de Conférences demeura ainsi, il fut affecté à un poste qui ne répondait pas à cette contrainte religieuse. Lorsqu’en 1885, cette règle fut abrogée, Henry Sidgwick retrouva son poste de Maître de Conférences. En 1883, il fut élu à la Chaire Knightbridge de Professeur de Philosophie Morale. En 1886, il intégra le Liberal Unionist Party qui devint plus tard, le Parti Conservateur anglais.

 

newnham college

Nenham College 1895

Tout au long de sa carrière universitaire, il enseigna les sciences humaines, d'une part, la philosophie morale et, d'autre part, la philosophie morale et politique. Le philosophe n’enseigna jamais dans une autre université.

 

Sidgwick fit de nombreuses réformes à l’Université de Cambridge. En effet, Henry Sidgwick fonda en 1871 l’une des premières Universités pour femmes d’Angleterre, l’Université de Newnham Cambridge dans laquelle il donna de sa personne, investit beaucoup d’argent et d’efforts. En 1882, il créa l’Association pour la recherche psychique (Society for Psychical research) avec Edmund Gurney (1847-1888), psychologue anglais et Maître de conférences à Cambridge, Frederic William Henry Myers (1843-1901), poète et ecrivain anglais, Conférencier en Lettres Classiques au Trinity College, William Fletcher Barrett (1844-1925), Professeur anglais de Physique à l'Université de Dublin, et Edmund Dawson Rogers (1823-1910), journaliste anglais. Henry Sidgwick fut le premier président de cette association au sein de laquelle il dirigea, avec sa femme, de nombreux projets. Il était aussi membre de la Metaphysical Society.

Par ailleurs, il participait activement à la politique universitaire. Il introduisit de nouvelles disciplines étrangères à l’enseignement académique de l’époque et travailla avec ardeur pour le développement des études scientifiques au sein de l’université, de même qu’il rendit les études universitaires plus accessibles aux couches inférieures de la société en organisant l’enseignement par correspondance, les cours du soir, créant l’Université des Travailleurs entre autres.


Cette démarche de rendre accessible au plus grand nombre les études supérieures, avait aussi un but politique, celui de surmonter les conflits entre les différentes classes de la société britannique de l’époque et les dissensions sociales que créaient ces conflits.

 

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Sidgwick pensif HENRY SIDGWICK (français) Henry Sidgwick

 

 

 

 

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©2008 Hortense Geninet